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À propos de Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants

"Une histoire qu'on raconte est vraie durant tout le temps qu'on met à la raconter." Ainsi parle Gobind, le sage hindou, dans le texte de Rudyard Kipling auquel Mathias Énard emprunte son épigraphe : "Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d'éléphants et d'anges, mais n'omets pas de leur parler d'amour et de choses semblables."

Le roman remplit son programme, convoquant un Orient et un siècle épiques et capiteux, peuplés de bûchers, de dagues et d'intrigues de palais. Il permet aussi à un lyrisme plus intime de se développer dans le lien qui se noue entre un artiste de la Renaissance italienne et un poète ottoman.

Mai 1506. Ulcéré par le traitement que lui a réservé le pape Jules II, Michel-Ange a quitté Rome et accepté, après quelques jours d'hésitation, l'invitation du sultan Bajazet, à Constantinople, pour y concevoir, sur la Corne d'or, le pont qui devra relier la ville à ses faubourgs septentrionaux.

C'est un conte, mais dont les personnages sont dotés d'une intériorité. Les incursions du narrateur dans la conscience de Michel-Ange montrent un homme tourmenté par le scrupule religieux, l'ambition, la rivalité et une conscience aiguë du potentiel d'humiliation que recèle la situation de l'artiste vis-à-vis des puissants qui l'emploient.

L'édifice qu'il conçoit finalement est "solennel et gracile à la fois" : le roman de Mathias Énard laisse la même impression d'ensemble, même s'il lui arrive de frôler la préciosité, n'évitant pas toujours un lyrisme et un symbolisme un peu empesés. Il est spécialement convaincant dans l'amour du langage et la foi dans le récit qui circulent entre les protagonistes. Ainsi la danseuse andalouse, qui de son pays perdu affirme qu'"il ne vit plus que dans les histoires et ceux qui les portent".

Parle-leur de batailles... parle surtout du cœur des hommes, et, comme le texte de Kipling où il prend sa source, des pouvoirs du récit, capable de bâtir des ponts entre l'Orient et l'Occident.

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À propos de Mathias Énard

Figure majeure de la littérature française contemporaine, Mathias Énard a été couronné du prestigieux prix Goncourt en 2015 avec Boussole, un ouvrage plébicité par la presse. Grand passionné de l’Orient, il construit livre après livre une œuvre toute d’érudition dans un style élaboré proche de Flaubert ou de Joyce.

Après le bac, il intègre l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) où il étudie l’Arabe et le Persan. Et puis, en 1993, c’est le temps des voyages : sans véritable projet, au gré des occasions, Mathias Énard gravite autour de la Méditerranée principalement : Téhéran, Le Caire, Damas, Soueida, Beyrouth où il se pose plus longuement, Tunis, puis, en 2000, Barcelone où il s’arrête pour de bon. Dans ses valises, de huit ans d’errance, il ramène d’innombrables témoignages, d’insoupçonnables parts de l’Histoire.

Entré en littérature en 2003 avec La Perfection du tir, il s’est imposé comme l’un des grands auteurs de sa génération grâce à son quatrième roman, Zone, un monologue sans ponctuation qui se déroule au cours d’un périple ferroviaire entre Milan et Rome. Ce prodigieux roman sur les guerres du XXème siècle, obtient le Prix Décembre et le Prix du Livre Inter en 2008.

En 2010, il publie un nouveau roman au titre prometteur Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. Direction Constantinople cette fois-ci, dans les pas d’un certain Michel-Ange venu à la rencontre des beautés de l’art ottoman. Ce livre a obtenu le prix Goncourt des lycéens en 2010.

Un an plus tard, Mathias Énard suit dans Rue des voleurs le parcours de Lakhdar, jeune marocain amateur de « romans de gare », du Maghreb en révolution aux rives d’une Europe au bord du gouffre. Roman d’aventure, récit de voyage, polar, hommage à la littérature populaire dont raffole son personnage principal, Rue des voleurs raconte à travers l’histoire de la transformation de son héros, la complexité d’une identité en mouvement.

Avec Boussole, exploration onirique et éblouissante de l’orientalisme, l’écrivain érudit a « essayé de reconstruire cette longue histoire, celle de l’amour de l’Orient, de la passion de l’Orient, et des couples d’amoureux qui la représentent le mieux (…). Sans oublier ce qu’il peut y avoir de violent et de tragique dans ces récits, de rapports de force, d’intrigues politiques et d’échecs désespérés (…). À travers les rêveries de Franz et les errances de Sarah, (il a) souhaité rendre hommage à tous ceux qui, vers le levant ou le ponant, ont été à tel point épris de la différence qu’ils se sont immergés dans les langues, les cultures ou les musiques qu’ils découvraient, parfois jusqu’à s’y perdre corps et âme. »



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